Nouveau : Et ça continue, Sur fond de manifestation pro-nazie, Iouchtchenko réhabilite les criminels antisémites ukrainiens
Nous avons sans doute été parmi les premiers en France à donner l’alerte : Le nazisme est de retour en Ukraine, sur les traces d’un président inspiré par la CIA. Voir, par exemple, De l’antisémitisme et du révisionnisme en Ukraine et au XXIème siècle.
En ce qui concerne l’incroyable manifestation de 100000 nazis en Ukraine, passée sous un silence piteux par les médias dominants, nous avons encore été parmi les rares à tirer, et il est plus que temps, la sonnette d’alarme : 100 000 Nazis manifestent en Ukraine. For heureusement, il existe encore des journalistes qui essayent de faire leur métier. C’est la cas de Jean-Marie Chauvier, qui prépare un dossier, dans le Monde Diplomatique, sur l’Ukraine.
Ce dossier sur l’Ukraine, à paraître dans l’édition d’août du Diplo, couvrira aussi la fameuse manifestation de nazis. Jean-Marie Chauvier nous a gentiment laissé en publier quelques éléments, en avant-première.
ROMAN CHOUKHEVITCH avant de commander l’UPA, fut chef de « Nachtigall » (Wehrmacht, juin 1941) engagée dans l’invasion hitlérienne de l’URSS le 22 juin 1941, et de la police nazie (SS) le Schutzmanshaft bataillon 201 affecté à la chasse aux Partisans (soviétiques) en Biélorussie en 1941-42.
Cet hommage à Choukhevitch s’inscrit dans une longue série. Les anciens combattants de l’Armée Rouge, des organisations juives et des sources polonaises et russes contestent la vague de réhabilitations en cours de ce qu’ils considèrent comme des « criminels de guerre ». Les Polonais jugent l’UPA responsable de « massacres génocidaires » de dizaines de milliers de Polonis en Volhynie en 1943. Ces accusations sont rejetées par les sympathisants de l’OUN et de l’UPA qui ont désormais les faveurs du pouvoir à Kiev.
Pour honorer la mémoire du GENERAL CHOUKHEVITCH, et de l’UPA se sont rassemblés les militants des organisations nationalistes et néo-nazies le 30 juin. Ils se sont heurtés aux contre-manifestants communistes et socialistes. Les forces spéciales anti-émeutes les ont séparés sans gros incident. Un tribunal a interdit les manifestations et une exposition de photos nationalistes. Le Parti socialiste a installé dans le centre-ville un piquet arborant la pancarte : « Choukhevitch, assassin du peuple ukrainien ». (Le commandant de l’UPA est accusé de meurtres de villageois ukrainiens)
« Un Hauptschturmführer SS consacré héros de l’Ukraine » s’indigne l’hebdomadaire russophone libéral de Kiev « Stolitchnye Novosti ». Un autre journal signale que la réhabilitation de l’UPA fera l’objet d’un projet de loi de « Notre Ukraine », le parti du président Iouchtchenko. Dans leur ensemble, les médias de Kiev sont plutôt favorables. La campagne de réhabilitation est également appuyée par « Pora », l’organisation de choc de la « révolution orange ». A l’inverse, le parti des Régions, le PC (implantés à l’Est et au Sud) le PS dans une moindre mesure, sont hostiles aux initiatives du président Iouchtchenko. Celles-ci, et en général les réhabilitations de chefs nationalistes ou de légions SS dans divers pays d’Europe centrale et orientale (Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie etc.), allant de pair avec le démontage de monuments aux « soldats libérateurs du nazisme » (soviétiques) sont observés en Occident assez favorablement. Ces réhabilitations permettent en effet de construire une nouvelle « mémoire nationale » axée sur la dénonciation des « crimes du communisme ». Les gouvernements et médias occidentaux évitent cependant de rappeler les aspects les moins sympathiques des nationalismes- comme leur rôle dans la Shoah.
Leurs références traditionnelles aux SS, croix gammées et autres saluts hitlériens ne sont pas souhaitées, et les gouvernements est-européens s’efforcent qu’ils n’apparaissent plus. Seules des minorités extrémistes conservent les symboles fascistes et nazis, et le terme « judéobolchévisme » est banni du vocabulaire.